Anosmie au Japon

Après l’Inde, c’est toute une rééducation olfactive qu’il faut mettre en place : étalonner son nez, s’habituer à ne plus sentir les puissantes odeurs d’égouts et de curry, alternances de notes délicieuses et d’odeurs pestilentielles…

C’est d’autant plus un choc que le Japon sent très peu. Atterrir dans ce pays après six semaines très odorantes, c’est comme plonger dans une bulle inodore.

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Merri au Japon

Tokyo

Il pleut pas mal et il fait un peu froid. Ils font beaucoup de tori (sorte de porte qui peuvent mesurer plus de 10 mètres). Les gens s’habillent n’importe comment et dans les temples on peut prendre un bâton de bois au hasard et il y a marqué si on aura de la chance ou non. Puis on a visité un aquarium gigantesque où il y avait des tortues, des méduses, des requins, des mérous, des raies et des murènes. Et on a failli recevoir un énorme ouragan qu’ils nomment tyfon.

 

Fujishoshida

On voit très bien le mont Fuji quand il fait beau et les Japonais l’appelle Fuji san ce qui veut dire monsieur Fuji. On même fait une balade sur ses flancs. Puis on prit des bain publiques brulants. Les maisons sont très grandes et certain mur sont en papier peint.

Magome et tsumago

Il fait beau dans les 2 villes et on a fait une grande balade de Magome à Tsumago dans la forêt qui a duré toute la journée

Nara

On a fait une grande balade dans la forêt avec des daims. On a pu les caresser et leur donner à manger. Et ils donnaient même des coups de tête si on ne leur donnait pas à manger.

Kyoto

C’est une grande ville, on a visité plein de pagodes et de temples puis on a fait une balade jusqu’à Kamo la rivière qui est entre 2 montagnes. Ensuite nous sommes allé dans une petite ville à côté de la rivière et nous avons visité un temple qui avait un jardin de mousse.🇯🇵

Survols de temples à Kyoto et Nara

Avant que ce soit certainement interdit dans quelques années, on a eu la chance de pouvoir voler au dessus de certains des plus célèbres temples de Kyoto et Nara.

Après une jolie remontée de la rivière Katsura à Kyoto, petit survol timide du parc de Nara. On voit vers le soleil le toit du Todai-ji, l’un des plus grands bâtiments en bois du monde. Construit au 8ème siècle, reconstruit au 16ème siècle après un incendie, il s’élève encore à 57 mètres (81 mètres dans sa version initiale !). La prudence s’impose (interdiction de fumer aux alentours du temple). Je reste donc à une distance respectueuse…

Retour à Kyoto avec le survol de la forêt de bambous d’Hirashiyama, puis du temple Tenryu-ji, édifié au 16ème siècle et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. On distingue même les carpes dans l’étang !

Enfin, on se pose en douceur grâce à mes deux petits assistants !

Cérémonie du Kodo, ou l’art d’ « écouter » l’enscens

Si vous visitez les musées nationaux de Tokyo et de Kyoto, vous n’échapperez pas à la vue de magnifique set de jeux de Kodo, faisant souvent partie des trousseaux d’empereurs ou de Shogun.J’en avais souvent entendu parler lors de conférences, aussi j’avais très envie de participer à ce petit jeu, inventé bien avant le loto des odeurs, pour relaxer ces empereurs un peu nerveux….
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Ne pas visiter Kyoto : l’art du home schooling

1600 temples bouddhistes, 400 sanctuaires shinto, le palais impérial, la rivière Kamogawa… Le tout à la plus belle période de l’année, lorsque l’automne allume les érables du Japon.

On pourrait passer un mois à se balader ici, tant la liste des beautés est infinie.

Infinie, comme la bibliothèque de Babel pour Borges. On peut relire un livre à l’infini, il n’est jamais le même. Il se nourrit de notre vie, de nos autres lectures, de couleur de l’instant présent.

Les jardins de Kyoto sont infinis.

Ils changent en fonction de la saison : neige, cerisiers en fleur, pluie, brouillard, érables en feu…


Ils changent jour après jour quand  les feuilles rougeoient, puis jaunissent, puis tombent.


Ils changent en fonction de l’heure de la journée : les mousses du jardin du Pavillon d’Argent (ginkakuji) suivent la moindre bosse du relief. Elles sont débarrassées de tout brin d’herbe, et balayées tous les jours. Lorsque le soleil couchant devient rasant, elles forment des taches d’ombre vert foncé et de lumière vert tendre qui dansent en quelques minutes.


Les jardins changent aussi lorsqu’on se promène, et que l’on voit les différents plans d’arbres, d’étangs, d’îles sous différents angles.

Ils changent en quelques mètres, il suffit de se retourner pour découvrir une petite motte couverte de mousse qu’on ne distingue qu’à son ombre.

Les jardins de Kyoto sont infinis.

Alors, face à cet infini, que pèsent nos matinées passées à faire cours ? Quitte à ne pas tout voir, autant en profiter pour consacrer du temps aux enfants ! Ok, ce n’est qu’une argutie théorique pour me rassurer, car on est assez frustrés de ne pas pouvoir plus visiter. Mais bon, on se rattrape à ce qu’on peut…

Donc on ne visite que l’après-midi, à partir de 2h, sachant que le soleil se couche vers 4h30, et que les sites ferment à 5h.

Pourtant, on aime bien faire l’école à l’extérieur des hôtels ou des appartements.

Dans les plantations de thé à Munnar, au Sud de l’Inde, sur un rocher de granit, Merri avait bien aimé sa nouvelle salle de classe.


Parfois, faire cours n’est pas possible quand la nature a décidé de nous emmerder. Au Sri-Lanka, alors qu’on cherchait un restaurant pour le petit déjeuner avant une matinée de cours, on a croisé des tortues géantes a quelques mètres de la plage.


Là, on ne peut plus lutter. Et ce serait d’ailleurs dommage de priver les garçons (et leurs parent) d’une telle expérience ! Tant pis pour les cours…

A Nara, on est partis pour une journée dans le parc. On avait pris des sandwiches, les iPads et les cahiers de cours.
Mais on est tombés sur ça :


Des centaines de daims qui vous mangent dans la main, ou vous poussent doucement les fesses pour réclamer un biscuit. Il aurait  jamais été impossible de se concentrer, on n’a même pas essayé de faire cours…

Avoir les trésors de Kyoto à portée de main et rester dans son petit appartement, c’est pour moi le symbole du home schooling autour du monde.

Fuji : du bol, suite, avec drone

J’ai encore des progrès à faire en pilotage, mais maintenant que j’ai des batteries je peux me lâcher.

Pour piloter, il faut gérer à la fois l’altitude, la rotation, le déplacement avant arrière et latéral, et l’angle de la caméra. Le tout en souriant pour la vidéo, en surveillant les arbres, et en gérant les gosses qui s’accrochent à mon bras pour voir l’écran.

Au Fuji, j’ai presque toujours gardé un contact visuel avec le drone, mais sur les prochaines vidéos, vous verrez que j’ai commencé à vraiment prendre mon envol.

Quoiqu’il en soit, avec des conditions comme celles-ci, on ne peut faire que de belles images. Qu’en pensez-vous ?

Et le tout sur fond d’un très vieux morceau de This Mortal Coil…

Fuji : on a quand même le droit d’avoir un peu de bol !

Un tour du monde, c’est choisir en permanence ce qu’on ne verra pas. Parfois, on le savait à l’avance mais d’autres fois, on s’en rend compte au dernier moment. Les transports sont galères, on n’a plus le temps, on est crevés, ou la météo n’est pas propice.

C’est ce qui a failli nous arriver avec le Fuji. La veille de notre départ de la région, on ne l’avait toujours pas vu pour cause de typhon 22

Mais au final, on a eu droit à un Fuji de carte postale, sans l’avoir prévu !

En effet, lors de l’achat du billet tour du monde, on a juste cherché à éviter les périodes où la météo était mauvaise. On a utilisé pour ça quelques recherches sur internet et le super planificateur du site a-contresens.

Donc tout ce qu’on savait de la météo au Japon, c’est qu’il y ferait plus froid que dans les autres pays visités avant et juste après (facile, comparé à l’Iran en Aout !). On avait donc prévu des pantalons et un pull chacun qui se sont même révélés limite quand on s’est retrouvés coincés par typhon 22 dans une chambre mal chauffée.


Mais ce qu’on a découvert le lendemain, c’est qu’on était au Japon à l’une des deux meilleures périodes de l’année : celle où la forêt prend des couleurs improbables. Premier coup de bol…

Après avoir dormi dans la même auberge que nous, les pèlerins passent depuis le 8eme siècle au temple Fuji Sengen-Jinja, juste au bout de la rue. Et nous découvrons cette merveille dont on ne soupçonnait même pas l’existence ! Deuxième coup de bol.


Et cerise sur le gâteau, un couple de futurs mariés en tenue traditionnelle viennent faire une séance photo dans le temple. On se croit projetés en arrière dans un siècle tellement plus coloré que le nôtre ! Troisième coup de bol.


On a continué notre chemin vers le Fuji. La période des ascensions se termine en Aôut mais on a pu faire une promenade dans la forêt sur le chemin des pèlerins. Et une clairière nous a permis de sortir le drone pour survoler une forêt verte, jaune, orange et rouge. Quatrième coup de bol.


Et tout ça sous l’œil d’un Fuji imposant.


Rebelote au bord du lac Kawaguchi-ko, où les couleurs des arbres vous font croire que je suis un maître de Photoshop…

Savourons notre chance !

Découverte ou stabilité, un équilibre à trouver

Le même scénario se répète presqu’à chaque fois : c’est au moment de quitter un logement qu’on commence à bien s’y sentir.

L’exemple le plus extrême fut Fujiyoshida. Ok, les éléments ont joué un rôle important dans cette expérience (on s’est tapé le typhon 22, une semaine après le typhon 21 à Tokyo), mais la conclusion reste la même.

On a quitté l’appartement de Tokyo où on avait déjà nos habitudes pour aller dans un AirBnB près du Mont Fuji. La location de voiture nous a tout de suite mis dans le bain. Ok, la conduite est à gauche, on le savait. Mais qu’il faille une heure pour payer avec notre carte (les loueurs ne savaient pas utiliser une carte à code), et partir avec un GPS en Japonais, ce n’était pas prévu.  Heureusement le loueur nous a indiqué un truc pratique : vous cherchez une destination avec son numéro de téléphone fixe !

Pour notre AirBnB, pas de téléphone, juste une adresse à la japonaise : un numéro qui indique un quartier mais où peuvent se trouver plusieurs maisons. Dès qu’on quitte Tokyo, typhon 22 arrive. On suit le GPS qui nous mène dans un terrain vague à l’arrière d’une maison. J’entre dans le jardin et une mamie arrive. Mes balbutiements en Japonais me permettent de comprendre qu’on est au bon endroit. On se faufile de l’autre côté de la maison et la dame nous ouvre une chambre, jolie mais froide. Elle allume un réchaud à pétrole et nous dit d’attendre.

Dehors Typhon 22 commence à se déverser et le soir s’approche (en cette saison, le soleil se couche vers 4h30). Un homme vient et nous explique avec un anglais un peu meilleur que mon Japonais que c’est une erreur, que la chambre n’aurait pas dû être louée et que la propriétaire va arriver d’ici une à deux heures. La salle de bain collective n’est pas chauffée. Super ! On a payé deux nuits, on est coincés. Et vue la météo on choisit de rester dans les vapeurs du poêle. Pas de connexion internet pour s’occuper ou préparer la suite du voyage (la saga des visas chinois commençait alors).

Trois heures plus tard, la proprio arrive, s’excuse, nous donne un code wifi qu’on ne capte que dans une autre pièce, et encore par intermittences. La proprio a bien un relai wifi, mais elle n’ose pas entrer dans la chambre de sa fille pour le brancher !

Mais elle nous ouvre les portes de trois autres chambres : on a tout pour nous !

Dehors les trombes de 22 nous obligent à prendre la voiture pour faire les 500 mètres qui nous séparent d’un resto de soba (une soupe, exactement ce qu’il nous faut pour nous réchauffer !). Et encore, pour les dix mètres entre la voiture et la porte, nos parapluies sont indispensables. Imaginez une grosse averse d’orage français mais au lieu de durer quinze minutes, ça dure 36 heures.

Toute la nuit, les seaux d’eau se déversent. Au matin on improvise une journée typhon : bien qu’on soit dimanche on va faire cours aux enfants le matin, et l’après midi, quitte à être mouillés, autant que ce soit par de l’eau à 40 degrés ! Direction la source chaude locale et ses Onsens, les bains publics.


J’explique aux enfants qu’ils devront se laver nus devant plein de monde, ils appréhendent… Aurélie se fait masser (hommes et femmes sont séparés évidemment et on n’a que des garçons) pour ne pas s’ennuyer. Pendant deux heures on teste tous les bains (pour dormir, massants, au vanadium, à 42 degrés, froids…).

22 crache ses dernières bourrasques pendant qu’on arrache quelques bribes d’Internet dans une pièce sans chauffage.

On est au pied du Fuji, et on ne l’a toujours pas vu ! On ne sait même pas dans quelle direction il est censé être !

On part le lendemain pour la montagne, on espère voir le volcan sacré autrement que depuis la tour Roppongi à Tokyo !


Entre temps, on a appris que notre rue était en fait un chemin de pèlerinage pour le Fuji, parsemé de temples et d’auberges. Et que la nôtre accueille des pèlerins depuis 400 ans !

On a repéré un restau traditionnel où l’on parvient à arriver à pied car 22 commence à s’essouffler. Dans le restaurant, on découvre que les brochettes peuvent être un mets raffiné. Même la carte est caligraphiée ! Et l’équipe jeune, très sympa.


En sortant, on découvre un ciel étoilé que seuls les lendemains de typhon peuvent offrir !

Je me lève à 7h, je sors et je découvre ça :


Fuji-san, Monsieur Fuji, le volcan parfait, comme ceux que dessinent les enfants !

Et le jardin de notre auberge est devenu en une nuit un magnifique jardin Japonais avec ses arbres taillés et ses  incroyables feuilles d’automne !


Et c’est maintenant qu’on doit partir ????

L’équilibre entre l’envie de découvrir et le besoin de stabilité est précaire. Il faut sans cesse le remettre en question, et partir quand-même : on fait un tour du monde oui ou non ?

Mais rassurez-vous, ce qui nous attend pour cette journée au pied du Fuji vaut largement le prix payé pendant ces deux jours… On a passé les jours suivants à se dire qu’on avait une chance folle de voir ça…