Cérémonie du Kodo, ou l’art d’ « écouter » l’enscens

Si vous visitez les musées nationaux de Tokyo et de Kyoto, vous n’échapperez pas à la vue de magnifique set de jeux de Kodo, faisant souvent partie des trousseaux d’empereurs ou de Shogun.J’en avais souvent entendu parler lors de conférences, aussi j’avais très envie de participer à ce petit jeu, inventé bien avant le loto des odeurs, pour relaxer ces empereurs un peu nerveux….
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Une nuit dans le désert 

Le Petit Prince est vendu dans toutes les langues dans le fort de Jaisalmer. Je me suis d’abord étonnée de cette curiosité puis j’ai compris.

Il suffit de vivre cette expérience pour retrouver la magie du livre.

Les « agences » qui vous proposent le tour sont nombreuses ici. Nous optons pour celle qui nous a été conseillée par un français. Nicolas travaille en tant que bénévole pour un petit hôtel du fort, à deux pas du nôtre. Son projet : continuer de voyager en proposant des vidéos aux hotels en échange du gîte. Ça donne des idées, ou du moins des envies… Il viendra avec nous prendre quelques images. La vidéo ci-dessous a été montée à partir de ses rushs.

Départ vers 15h en jeep pour une bonne heure de route afin d’arriver au village où se trouvent les dromadaires. Nous montons sur les bêtes dans un mélange d’odeurs de selle, de bouc et d’haleine de chameau ! Il faut bien se tenir quand l’animal se lève, au risque de goûter le sable.

Une bonne heure s’en suit de « remue-dos/frotte-fesse ». Les enfants renomment sur le champ leurs montures en « çagratte » et « passtable ». Comme on le comprendra le lendemain, ça fait aussi travailler les cuisses. Mais le jeu en vaut la chamelle ! La promenade sur le désert du Thar est grandiose.

Nous arrivons après la mousson, il y a donc de la végétation mi verte – mi séchée, de grands cactus, des arbustes aux feuilles géantes dont les fleurs sont utilisées lors des mariages. Quelques effluves de garrigues et d’oignons sauvages s’échappent de temps en temps et viennent accompagner la teinte orangée que prend le désert au soleil couchant.

Nous nous arrêtons sur un petite crête, là où le sable a repris ses droits. L’endroit est idéal pour camper et les 3 chameliers qui nous accompagnent préparent la nuit : les coussins des selles sont posés sur des nattes, se transformant en matelas de fortune. Des couvertures, qui me semblent bien trop chaudes pour la température, sont disposées dessus.


Pendant que nous apprivoisons l’endroit, (Laurent avec son drône, les enfants en roulant dans le sable), un festin de prépare : les chameliers concoctent un thali végétarien délicieux. La cuisine est entièrement préparée sur place et la vaisselle est faite au sable.


La lune bientôt pleine commence à nous plonger dans une lueur bleutée. On y voit parfaitement. Ce qui est bien pratique pour voir ce que de petites mains d’enfant peuvent trouver en creusant le sable. Merri pousse un cri : sa main a frôlé un scorpion. Les guides nous avaient pourtant dit qu’il n’y en avait pas ! Comme quoi la notion de sécurité varie toujours d’un pays à l’autre. Effectivement, la bestiole de 10 cm est belle, de couleur vert-jaune, assortie au désert. Cela marque la fin du creusage, Merri ne quittera plus sa lampe de poche et ses chaussures.


Nous nous couchons donc en contemplant la lune et en écoutant le vent dans les dunes. Vers 4h du matin, un chien, (sorti d’où ???) vient se battre avec celui des chameliers, me sortant de mon sommeil. Il a bien fait : la lune s’est couchée derrière la dune permettant enfin de voir la voûte étoilée. Magique : un ciel sans avion, des constellations nettes à 360 degrés. Le vent s’est levé et je comprends maintenant l’utilité des couvertures, ça souffle fort dans le désert, la température chute, et le bruit est impressionnant. Après quelques heures à regarder ce spectacle immobile bercée par le vent, je ferme les yeux.  Le marchand de sable a dû passer.

Porter le voile

Le port du voile m’a toujours intriguée et j’avoue que j’étais très curieuse de savoir ce que ça fait de sortir couverte. Ce voile prend des significations très particulières selon la façon dont il est porté : à Téhéran, il recouvre à peine les cheveux, devient un accessoire de mode, et permet de souligner le maquillage très marqué de la jeune génération iranienne. À Yazd, ville très religieuse, il devient plus strict et noir.

Le premier jour j’avais un peu l’impression de porter une serviette sur la tête. Ça me rappelait un vieux sketch des Colaro : « où est ma serviette pour m’essuyer les pieds ? » – « ta serviette ? Mais tu l’as sur la tête ! »


Le hijab, literalement « qui empêche » prenait tout son sens. Empêcher quoi ? De se montrer ? Pas vraiment, le voile n’arrête pas de tomber, donc ne cache pas vraiment la sensualité des cheveux. Le premier jour, je me sentais comme une mamie ; le lendemain, avec un voile joli et coloré, je me suis sentie mieux.


Après 15 jours de port, je peux recenser les pour et les contre : Empêcher de bouger oui, le voile est contraignant dans les mouvements

Avantages :

Évite de brûler au soleil, bonne économie de crème solaire.

Empêche de secouer rapidement la tête donc oblige à avoir un port de reine, un peu comme les Jimmy Choo obligent à marcher comme une princesse.

Pratique pour nettoyer un objectif d’appareil photo, marche aussi avec des lunettes de soleil.

Permet de porter de la couleur sur le visage.

Permet de se parfumer et de diffuser ses effluves d’un coup de voile.

Inconvénients

Tient chaud.

Se prend dans la sangle de l’appareil photo.

Tombe tout le temps.

Est facile à oublier quand on sort de chez soi. Mais aux regards des autres, on se rend vite compte qu’il y a un problème.

Graisse les cheveux et les rend plats.

Pas pratique quand on vient de se les laver et qu’ils sont mouillés.

Pas pratique pour faire des tâches quotidiennes : nettoyer un vomi d’enfant dans un taxi par exemple.

Pas pratique pour aller aux wc turcs, le mieux est de l’enlever. Bien penser à vider ses poches d’ailleurs aussi avant !


Alors, quelle couleur pour votre rousari ? Noir, noir ou noir ?

Composer avec les éléments 

Après la chaleur sèche d’Iran, nous voici sous le ciel humide indien.

Je me souviens qu’un guide iranien m’avait dit : »I want to see Paris in the rain ». Sur le moment j’avais trouvé ça étonnant. Puis Myriam, notre hôte à Shiraz m’avait expliqué que pour eux, la pluie était un moment de joie, toutes les familles sortent et jouent dans la rue.

Ici, la mousson arrive, et nous comprenons vite la différence entre pluie et mousson. Nous sommes passés ce matin à un marché pour acheter des shorts aux enfants. Même si notre standard de propreté a changé, il y a des limites. Et aussi un pantalon léger pour moi, histoire d’avoir moins chaud que sous un jean et être plus couleur locale.

Couleur, pense que c’est le mot, le temps d’arriver à la voiture, plus un fils de sec, je sens que le pantalon rouge va vite déteindre sur mes jambes.


Ici les gens composent avec la pluie, pas de Kway : on attend ou on se fait mouiller. À quoi bon lutter ? Certains dans la rue en profite même pour se laver. Les enfants sont ravis, après 15 jours de soleil brûlant, ils sautent dans les flaques, plus la peine de les gronder ; c’est à moi de changer mon exigence. Au moins ils auront les pieds propres.


Après tout c’est peut-être ça composer avec les éléments : les accepter  avec des yeux d’enfants !

Les miniatures d’Ispahan

Gagou m’avait donné l’adresse, mettant à l’épreuve ma promesse de ne rien acheter pendant le voyage…

Hossein Fallahi, le maître miniaturiste était là, paisible, un pinceau de poils de chat à la main…

Pendant que je regardais sa production, il se mit à faire un petit dessin qu’il tendit l’œil pétillant à Séverin.


Celui-ci prit le défi de faire sa version en autant de temps, soit quelques minutes…Il donna ce dessin au maître surpris qui lui promit un avenir artistique.


Une langue et deux générations les séparent mais le dessin leur a permis de créer une certaine connivence.