Mon drone, ce compagnon du tour du monde, plusieurs fois miraculé

Tout a commencé fin Juillet 2017. Nous dînons avec des amis en terrasse de Maria Luisa, la meilleure pizzeria de Paris, et je peux l’affirmer maintenant, du monde ! Le départ approche, plus que deux semaines…

Michelle me demande si je pars avec un drone. J’avais un Parrot, mais il est trop encombrant. Elle me montre des photos du Mavic de DJI. Je suis bluffé ! Je ne savais pas qu’un drone pouvait se replier pour ne mesurer que 8cm x 8 cm x 18 cm !!!

Elle me propose même de l’acheter à Shanghai (pour 500€ de moins qu’en France) où elle part la semaine suivante. 24 heures de réflexion, passées pour moitié à regarder les avis et les vidéos faites avec le Mavic, et pour moitié à retirer des affaires de mon sac à dos pour faire de la place (je ne suis pas à quelques caleçons et quelques t-shirts près !), et je lui donne mon go.

Le joujou arrive à Paris juste avant notre départ pour Toulouse, où je peux m’entraîner quelques jours. Et c’est parti !

Première peur, l’Iran. Le pays ne plaisante pas avec l’espionnage. Une semaine plus tôt, deux filles étrangères ont été arrêtées pour avoir fait un selfie sur lequel on voyait une centrale nucléaire au fond. À l’aéroport, je retrouve le cadenas de mon sac ouvert. Rien ne manque, il a peut-être été fouillé. Mais bras repliés, le Mavic ne ressemble pas à un drone. Ouf !

Par précaution, je ne sortirai pas le drone en Iran. Mais j’aurais peut-être pu, lorsque l’on est allés dans les montagnes de l’Alborz, à la recherche du galbanum. Nous étions loin de tout, mais on ne sait jamais, et je n’aurais pas voulu mettre notre hôte dans une situation délicate.

À part l’épisode du chargeur de batterie grillé, qui m’a obligé à en faire livrer un neuf à Paris, puis à le faire expédier au Sri-Lanka (merci Stan !) chez un client local d’Aurélie, qui rendait visite à sa mère à quelques kilomètres de notre hôtel, le drone a plutôt bien apprécié l’Inde. Mais je mesure maintenant les progrès que j’ai faits en pilotage et en montage entre les dernières vidéos et la toute première du tour du monde…

Sri-Lanka, Japon, je m’enhardis mais je ne prends que des risques modérés.

En Chine en revanche je déconne. Parti d’un bateau sur la rivière Li, je n’arrive pas à atterrir (le bateau est trop rapide), et je crashe le drone sur le pont. Heureusement sans blesser personne d’autre que moi (ça coupe les hélices !).

Puis je teste le vol à l’aveugle, en contournant bêtement une des montagnes de Yangshuo. Je ne vois plus le drone (normal), mais à un moment je n’ai plus de retour caméra ! Le mode Return to Home est paramétré pour monter de 30 mètres et éviter les arbres. Mais la montagne fait au moins 200 mètres ! Je continue tout droite en espérant éviter la montagne. Finalement il ressort de l’autre côté, et les images sont superbes !

Au Laos, je crois vraiment l’avoir perdu. Trompé par le reflet de l’eau, je pense que le drone a quitté la rive, et je le fais monter. Il se coince dans un arbre, tombe, se retient par une petite branche ! Énorme coup de chance, il ne tombe pas dans l’eau, et reste suspendu à une hauteur qui me permet de le récupérer avec un lasso bricolé au bout d’un bambou !

Je continue de prendre de plus en plus de risques, montant à la verticale le long d’une cascade en pleine végétation laossienne. Mais tout se passe bien au final.

En Birmanie, c’est avec la police que je joue à cache-cache. Les drones sont interdits à Bagan, mais le spectacle des 2000 temples étalés sur des dizaines de kilomètres carrés demande une vue aérienne. Alors, pour tromper d’éventuels poursuivants, je rentre en survolant la rivière et pas en ligne droite…

En Australie, dans les Blue Mountains, j’ai à nouveau eu beaucoup de chance. C’est seulement en montant la vidéo que j’ai vu que le drone a survolé de trèèès près le câbles du téléphérique ! A un mètre (?) près je pouvais heurter le téléphérique. Il n’aurait pas eu mal, mais j’aurais ainsi contribué à l’interdiction des drones dans les sites les plus beaux.

En Nouvelle-Zélande, de peur de perdre le drone depuis une falaise haute de plusieurs centaines de mètres, j’ai retiré la carte SD avec ma vidéo du volcan Tongariro. Ma prudence m’a joué un sale tour, ce n’est pas le drone que j’ai perdu, mais la carte !!!

À Moorea, j’avais repéré une averse qui se dirigeait vers nous. Mais c’est en voyant des gouttes s’écraser sur la caméra que j’ai compris que le drone était sous la pluie ! Mais j’ai pu filmer un arc en ciel de près dans un décor de rêve !

Au Chili, lors de mon premier vol à plus de 4000 mètres d’altitude, j’ai testé une nouvelle façon de perdre un drone. Avec le peu de portance de l’air et un peu de vent, le drone n’arrivait pas à rentrer ! J’ai dû le poser en urgence et le chercher à pied.

Vers Salta, j’ai poussé le vice jusqu’à voler dans une faille géologique large de seulement deux mètres à l’entrée. Le manque de luminosité a complètement perturbé le système de stabilisation du drone. Il était incapable de rester immobile et partait à droite ou à gauche ! Il dérivait constamment vers les bords de la faille ! J’ai dû le ramener en urgence en le pilotant manuellement. J’en ai conçu le plus grand respect pour les pilotes d’hélicoptère qui stabilisent leur appareil sans les multiples capteurs dont mon drone est équipé !

Aux USA, le drone est interdit dans les parcs nationaux. Il paraît que l’engin est saisi, et l’amende est élevée (2000$ ?). Dans le Grand Canyon, après deux heures de descente, j’ai quand-même tenté ma chance. Mais un problème d’étalonnage de capteurs et l’absence de signal GPS (on était au milieu de 1600 mètres de falaise) m’ont dissuadé de décoller. Je veux bien voler avec un système défaillant mais deux, ça fait beaucoup ! Et bien m’en a pris ! Cinq minutes après, nous avons croisé une ranger qui descendait. Elle n’aurait pas pu nous louper !

Contre toute attente, le drone est revenu, entier. J’ai cassé six hélices, il a pris pas mal de poussière. Mais il marche encore parfaitement !

Il a volé 232 km, soit plus de 29 heures, avec une altitude maximale au décollage de près de 4700 mètres ! 256 vols en 365 jours ça semble beaucoup mais je l’ai posé plusieurs fois à chaque sortie, ne serait-ce que pour changer la batterie.

Et à force de montrer mes vidéos partout dans le monde, j’ai dû générer pas mal de ventes de Mavic !

Mais la remarque la plus bête du voyage revient à un canadien qui m’a dit avoir le même drone que moi. Je lui ai demandé pourquoi il ne volait pas ce jour-là. Il m’a répondu « je n’ai pas pu l’emmener, il est resté au Canada. Vous comprenez, je ne suis pas en vacances, moi, je fais un tour du monde ! »

Merci Michelle de m’avoir montré et acheté ce drone. Il a complètement changé les images que nous garderons du tour du monde !

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