Galères au Machu Pichu

Pour aller au Machu Pichu, il y a la version luxe (train à 150€ ou 350€ par personne), ou la version backpacker (7 heures de van à 15€, et trois heures de marche).

Et il y a la version Nicotons, plus chère et plus galère.

En fait, sur le papier, louer une voiture nous permettait d’éviter le van à touristes, et de visiter d’autres sites sur le chemin. La liberté avait donc un prix, mais que l’on pouvait mutualiser à quatre.

Sauf qu’on n’a pas cherché de détails sur la route (car peu de voyageurs la font). Et que tout ne s’est pas passé comme prévu.

D’abord, la voiture n’était pas prête à l’heure prévue. Une heure de retard dès le départ, sachant qu’on voulait absolument éviter de marcher de nuit sur la voie ferrée pour arriver au village en bas du Machu Pichu.

Car ce village est situé dans une gorge étroite, où seule une voie de chemin de fer mène.

On part donc à 11h, et une heure plus tard, on se rend compte que notre GPS nous a proposé une route plus courte, mais pas celle que nous avait recommandé l’agence. La nôtre comprend une zone de piste qui va nous faire perdre du temps. On décide de couper par une piste pour retrouver la route asphaltée, mais cette piste est pire qu’on pensait (lacets serrés), alors que celle du GPS semble plus droite.

Deuxième demi-tour pour revenir vers la première piste. Après 10 km, route barrée.

Troisième demi-tour pour prendre la piste en lacets. On rejoint la route, qui se met elle-même à tournicoter. Et là, on regarde plus attentivement la carte : on doit monter 1000 mètres en lacets, pour passer un col à 4300 mètres !!!!

Et redescendre 2600 mètres en lacets ! Sachant que je n’ai pas eu le temps de faire de pause (on a déjeuné en roulant), et que l’on a 11 km à marcher en arrivant à la fin de la piste, je sens que je vais être un poquito fatigué en arrivant !

À quatre heures, on quitte la route pour la dernière partie de piste, 33 km le long d’une rivière, on devrait mettre 30-40 minutes. Donc on devrait arriver à 18h30-19h au village. Sachant que le soleil se couche à 18h, on n’aura pas à trop marcher dans le noir…

Mais la piste se révèle vite plus compliquée que prévu. Elle aussi tournicote (on a vraiment bien choisi le nom du blog !), et elle passe même à flanc de falaise ! Cette fois, on a carrément de la roche au-dessus de nous ! Je roule à 20 à l’heure, et on met une heure quinze pour arriver au point de départ de la marche.

Alors que je me gare, un homme m’explique qu’il est interdit de laisser sa voiture. Il m’emmène un kilomètre en arrière ! Sur un parking payant ! Je suis furax !

Après nous être assurés que les trains ne roulent plus à cette heure, on part le long des voies. Il est 17h30, notre GPS indique trois heures de marche, dont deux de nuit noire…

On force le pas (bravo les garçons), et on rattrape un groupe de français. Cool, le temps va paraître moins long ! Après une heure sympa à faire connaissance, on leur demande d’accélérer. Mais la fille du groupe a mal au genou, on décide de tracer pour ne pas se coucher trop tard.

En effet, demain lever à 5 heures ! Soit on marche une heure trente (500 mètres de dénivelé), soit on prend un bus (30 minutes, mais au moins une heure d’attente !). Bref, on n’a pas le temps de traîner…

Finalement, on arrive à 20 heures (seulement 2h30 de marche !). On se fait un bon resto, et malgré les trains qui passent sous notre fenêtre et la musique des bars, on s’endort vite. Le matin à cinq heures, tout le monde est fatigué, Aurélie a mal au ventre. On opte pour le bus. À 7 heures, on arrive au Machu Pichu ! Pas de toilettes sur le site, il vaut mieux ne pas être malade. Pas de bol…

On se balade quatre heures sur ce site magique, et on redescend à pied pour l’escalier Inca.

Pour gagner du temps au retour, on a pris l’option train jusqu’à la voiture. 40 minutes de luxe au lieu de 2h30 de marche sur les voies (avec des trains cette fois), ça vaut presque le prix exorbitant de 82€ !

Il faudra ensuite refaire la route inverse, pas jusqu’à Cuzco, mais seulement jusqu’à Ollantaytambo, soit cinq heures quand même, après un lever à cinq heures et quatre heures de marche dans les montagnes du Mach Pichu…

La nuit précédente j’ai rêvé de la piste à flanc de falaise, et de toutes les façons de tomber : crever un pneu, entrer en collision avec un van en sens inverse (ils roulent à fond), croiser une voiture et voir la route céder côté vide, être poussé par un éboulement de rochers, etc. Je joue donc la prudence. D’autant que des croix sur le bord de la route rappellent régulièrement tous ceux qui ont raté un virage. Tiens, un groupe de 10 croix identiques, ça doit être un van complet qui a fait le grand saut !

Ensuite, la montée (2600 mètres de dénivelé, comme aller du niveau de la mer au sommet de la station d’Avoriaz) n’en finit jamais. La nuit tombe avant même qu’on arrive au col. Cette chaîne de montagnes offre au Pérou deux climats distincts : amazonien au pied, humide, propice à la culture de bananes, et désertique en altitude, où ne poussent que des pommes de terres et des cactus. Les nuages s’arrêtent ici. C’est ainsi que le col se retrouve dans le brouillard quand je l’atteins, de nuit. Rien ne m’aura été épargné ! Dis-je à Aurélie. Je ne sais pas encore ce qui m’attend le lendemain…

Une heure de descente en lacets, et voilà enfin Ollantaytambo !

Au total, on aura mis six heures pour atteindre le village. Épuisés.

Le lendemain, on visite quelques sites magnifiques sur la route, et on arrive à 19h à Cuzco où on a réservé un hôtel.

En vidant la voiture, on ne retrouve plus le sac vert des enfants ! Celui où on a cousu en Thaïlande les drapeaux des pays du tour du monde, et qui contient le carnet de dessins de Séverin ! On passe en revue les photos de la journée. Les garçons ne l’avaient sur aucun des sites visités. J’appelle l’hôtel d’Ollantaytambo. Le sac est chez eux !

Le sac à Bangkok

Une heure trente de route, trois heures aller-retour, on peut être revenus à dix heures. La valeur symbolique de ce sac à 3€, et du carnet de dessins de Séverin (île de Pâques, Chili, Argentine, Bolivie), que je n’ai pas encore scannés, ça vaut bien trois heures de route.

Les enfants sont atterrés, ils pleurent : c’est leur sac, ils en ont la responsabilité, et ils m’ont entendu hurler quand on a découvert sa disparition. Ils me disent que ça ne vaut pas la peine, que l’on va devoir payer plus cher…

À peine avons-nous quitté Cuzco que le pneu arrière gauche crève ! Absolument rien ne nous aura été épargné ! On change la roue et on repart 30 minutes plus tard. Après une heure, on se rend compte qu’on a fait la même connerie que la première fois : on est en route pour la piste coupée !

Demi-tour pour rester sur la route asphaltée. On n’a plus de roue de secours, hors de question de prendre une piste, où on pourrait crever à nouveau !

À dix heures, c’est finalement à Ollantaytambo qu’on arrive… On ne fera pas le retour à Cuzco ce soir. On va dormir dans le même hôtel que la veille. Aurélie appelle l’hôtel de Cuzco pour les prévenir. Ils disent qu’il n’y a pas de problème.

On part le matin pour Cuzco, où on arrive vers 11h. Comme des fleurs. Sauf que l’hôtel veut nous faire payer la chambre ! Le papier de la réservation est au nom d’un autre hôtel ! Ce n’est pas à eux qu’Aurélie a parlé hier soir ! On part furieux chercher une autre chambre. Mais les hôtels autour sont pleins, et Aurélie est toujours malade. On revient à l’hôtel où on avait réservé notre deuxième nuit. Au moins on sait qu’il y a de la place. Finalement on s’était mal compris, ils ne gardaient que l’acompte.

Le personnel se montre en fin de compte très gentil. Une femme apporte une boisson inconnue et très forte pour soigner le ventre d’Aurélie. Le lieu est superbe, ravalons notre fierté et profitons-en !

Bref, parfois il faut accepter de n’être que de simples touristes : payer le prix fort, ou se laisser transporter comme des bœufs. Car le prix de la liberté peut parfois s’avérer excessif…

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