Ne rien planifier à Titicaca

Après « ne pas trop planifier », voyons jusqu’où on peut pousser le hasard.

Nous avions déjà expérimenté l’atterrissage sur l’île de Pâques à deux heures du matin, alors que le Airbnb qu’on avait réservé n’avait pas confirmé. Les enfants dormaient sur un banc en attendant le passage de la douane, on n’avait pas d’Internet évidemment… Mais en s’incrustant dans un van qui emmenait des clients dans un camping, ça s’est vite résolu…

Cette fois, nous avons choisi de débarquer le ventre vide sur une île sans hôtel ni restaurant, ne parlant pas espagnol, à près de 4000 mètres d’altitude.

Déjà il faut trouver une île aussi haute. Direction le lac Titicaca à cheval entre le Pérou et la Bolivie. Plus de 8000 km carrés, le plus haut lac navigable au monde à une altitude de 3850 mètres.

Sur ses rives boliviennes, à Copabana, village qui a donné son nom à la plage de Rio (et non l’inverse), on avait assisté au baptême des voitures. C’était déjà passablement dépaysant…

Au Pérou, toujours sur le Titicaca, Puno est une grosse ville que l’on veut éviter autant que possible. C’est le point de départ des tours dans les îles. De nombreuses agences organisent des visites avec hébergement chez l’habitant sur Amantani. Mais les tours partent le matin et nous arrivons à Puno à midi.

Nos amis de l’île de Pâques, du Chili et de la Bolivie, Elodie et Romain, ne sont pas passés par une agence. Alors essayons !

De la gare de bus, sans penser à déjeuner (il n’est que 11h30), on prend un taxi pour le point de départ des collectivos pour Capachica. Les collectivos sont des minivans qui partent lorsqu’ils sont pleins. 20 minutes plus tard, on est partis. Une heure trente de route et on arrive au village. Mais le port est encore à 5km, donc on privatise le van pour la dernière étape. On a faim mais pas le temps de manger, le van repart tout de suite.

Au port, un autre collectivo, version bateau celle-là, attend les passagers. On a de la chance, il est vite plein et part pour Amantani. De toute façons, il n’y a rien à manger dans ce « port ». Pour économiser l’essence, le moteur tourne au ralenti. On met une heure trente à parcourir les 8 km qui séparent le port de l’île.

L’hébergement se fait dans des familles gérées par la communauté. On s’attend à trouver un bureau, quelqu’un pour nous aiguiller. Rien ! Il est trois heures, les ventres gargouillent et on regrette d’avoir choisi allemand plutôt qu’espagnol au collège.

Le capitaine du bateau nous dit que son frère peut nous héberger. On hésite. Le Guide du Routard prévient que le logement chez l’habitant est assez spartiate. Pas d’électricité (à part un panneau solaire pour charger un téléphone), des toilettes sèches, pas de douche, pas de chauffage (en hiver à 4000 mètres, les nuits sont fraîches !). On ne sait pas si la maison du frère héberge officiellement des touristes ou si ça sera encore plus roots. On n’a pas trop le choix, alors testons ! Le temps d’acheter des crackers et on remonte dans le bateau pour aller chez le frère.

Depuis l’embarcadère, on ne voit aucune maison, juste un chemin qui grimpe sec entre les terrasses agricoles. On passe en mode sac à dos, et on attaque ! Mon gros sac fait 20kg (je récupère le linge sale de tout le monde), mon petit sac près de 10kg (ordinateur, drone, papiers, trousse de toilette, bouteilles d’eau). Aurélie porte 15 kg, les enfants 9 et 8. À 4000 mètres le cœur s’affole vite, la respiration se fait haletante et les jambes flageolent…

Et si c’est vraiment pourri là-haut, on fait quoi ? Le bateau est reparti, le village à 1,5 km de chemin en terrasse. Bref on est coincés.

Gloria, la belle sœur, vient nous accueillir. Les chambres sont claires, avec une vue superbe sur le lac, les lits ont trois couvertures. Il y a une salle de bains ! Bon, il faut sortir dehors mais les toilettes ont une chasse d’eau et il y a une douche solaire (donc le soir uniquement).

Dehors les femmes de la maison remplissent une marmite qui chauffe sur un feu d’eucalyptus ! L’odeur du bois se mélange à celle des différentes patates (il y en a 400 variétés dans la région !), carottes et autres trucs inconnus.

Finalement, le hasard nous a réservé une bonne surprise !

Après une balade au sommet de l’île, et un tour de drone au dessus des ruines inca, la soupe qui nous attend tient ses promesses. Rien de mieux dans ce froid naissant.

À 20h, tout le monde part se coucher sous les couvertures en laine de lama. À 21h, je dors !

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