Le prix à payer

En deux semaines, quelques nombres marquent notre radical changement de décor : 5000, 40, et 80 !

5000 mètres de dénivelé entre la Polynésie et les geysers Sol de Manana. Notre précédent record d’altitude n’était que de 3200 mètres, à Shangri-La. On l’a allègrement explosé. Le problème d’une telle altitude, c’est que le mal des montagnes nous guette. Si les symptômes apparaissent (forts maux de tête, vomissements), il faut de toute urgence redescendre de 2000 mètres. Car l’oedème cérébral peut être mortel. Pour nous, lors de notre première nuit à 4000 mètres, cela s’est traduit par une sensation de gueule de bois de lendemain de raclette au vin blanc. Mais la nuit suivante, à seulement 3600 mètres, nous étions déjà acclimatés.

40 comme la différence de température entre la Polynésie et l’Altiplano bolivien. On savait qu’il ferait froid, mais on ne s’attendait pas à subir -10 ou -15 degrés, qu’un vent constant rendait encore plus insupportables. Et nos tenues inadaptées nous obligeaient à superposer les épaisseurs pour supporter les quelques minutes passées hors du 4×4. Mais la beauté des paysages nous poussait toujours et encore à sortir nous geler les doigts pour immortaliser ces moments uniques.

80% d’humidité en moins entre les orages de Moorea et San Pedro de Atacama. Le désert d’Atacama est l’une des régions les plus sèches du monde. À certains endroits, il paraît qu’il n’a pas plu depuis l’arrivée des conquistadors ! Si le froid sec semble plus supportable à l’ardennais que je suis, la déshydratation accentue le risque de mal des montagnes aigu. Pour les trois jours du tour, on nous recommandait d’emporter 6 litres d’eau par personne, en plus des boissons fournies au repas ! On s’est forcés à boire dès que le mal de tête devenait trop fort. D’où un inédit nombre de pauses dans des toilettes improbables ou carrément dans la pampa glacée ! Et encore je suis un garçon, mettez-vous à la place d’Aurélie !

Le prix à payer fut donc élevé pour les adultes, mais encore plus pour les enfants. J’ai déjà écrit sur l’extraordinaire capacité d’adaptation de nos petits chéris. Mais j’avoue que là, ils en ont bavé… Quand Séverin dit qu’il ne veut pas dessiner les flamands roses de la lagune Colorada, à 4300 mètres d’altitude, par -10, en plein vent, c’est que ça ne va vraiment pas. J’ai même dû le porter pour rentrer à la voiture, ce qui m’a permis de vérifier que l’oxygène manque vite à chaque effort.

Mais dès le lendemain, tout le monde était acclimaté à l’altitude, et la vie pouvait reprendre son rythme normal (si tant est que notre vie soit normale en ce moment). Séverin a dessiné à tour de bras, dont cet inénarrable « salar d’Uyuni par temps couvert », et Merri s’est pris de passion pour Mike Horn, et son expédition au pôle Nord de nuit !

Et nous avions la chance de voyager avec Romain et Elodie, un jeune couple croisé à l’île de Pâques, dont la conversation a égayé les interminables lignes droites de la route…

Ceci dit, deux réveils à 5h et 4h30 nous ont bien achevés !

Mais la récompense nous attendait à chaque virage : geysers, plaines infinies, lamas, autruches (si, si, à 4500 mètres !), lagunes, volcans, flamands roses, canyons, renards gris, salars. Combien de fois avons-nous dit « qu’est-ce que c’est beau ! » ? Et le point d’orgue, le salar d’Uyuni : 10 000 kilomètres carrés d’une étendue d’un blanc de champ de neige, mais faite de dizaines de mètres d’épaisseur de sel !

On n’a rien sans rien, avons-nous répété aux enfants plusieurs fois ces derniers jours, lorsqu’ils s’émerveillaient avec nous des panoramas « de dingue ».

Quel souvenir en garderont-ils ? Le froid et la fatigue ou les spectacles incroyables ?

6 réflexions au sujet de « Le prix à payer »

  1. Quelle endurance! Mais quelle récompense !
    C est magnifique et je suis encore émerveillée par la capacité d adaptation de Merri et Severin 😎. Bravo les garçons ! Et bravo aux parents aussi 😁….
    Gros bisous

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  2. Salut les jeunes je rentre dimanche 10 juin en France nous nous verrons pas à quelques heures prés tentaient malgrés tout de me joindre …?
    Bises à vous

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    1. Jamais ! Même sur le toit du monde, on reste classe ! Aurélie avait même choisi les tshirts des garçons pour les accorder sur les photos ! Mais il faisait trop froid pour les montrer…

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