Les visas, la grande joie d’un tour du monde

Si certains visas (pour l’Australie par exemple) sont tellement faciles à obtenir que l’agence de voyages se propose de les remplir, d’autres demandent beaucoup plus d’efforts.

Entre les visas à l’arrivée (Laos, Cambodge), et les visas où on laisse son passeport, toute la panoplie des formulaires égaie joyeusement notre tour du monde.

Certains doivent être remplis en ligne, et validés en quelques jours. N’oubliez pas qu’il s’agit de jours ouvrés, comme en Birmanie, ce qui nous a fait verser 600€ sur notre budget « conneries » : refoulés à l’aéroport car notre visa n’était pas encore accepté, nous avons dû racheter un billet…

La Chine et l’Inde posent des tas de questions sur la famille, les voyages, etc. Mais pour la Chine, on a triché, grâce à une copine d’Aurélie, dont le mari a confié notre dossier à son assistante ! Elle a même fait la queue pour nous !

Mais le visa le plus pénible à obtenir fut celui pour les USA. Juste parce que nous avons visité l’Iran, l’ESTA avec lequel je vais chez l’Oncle Sam 3-4 fois par an n’est plus valide.

Nous le savions avant de partir, mais nous avions décidé d’y aller quand même. Il ne nous restait donc qu’à faire un visa pour les USA pendant le voyage.

Pour une fois, je m’y suis pris à l’avance. Quatre mois, ça me semblait une marge confortable. Mais ça a failli ne pas suffire !

Le plus facile aurait été de le faire en Polynésie. La langue et la proximité avec la France devaient rendre le processus plus humain et plus simple. Mais le consul américain m’a renvoyé sur les Fidji ou la Nouvelle-Zélande, seuls pays de la région autorisés à dispenser des visas.

Dès les premiers jours chez les kiwis, je commence à remplir ma demande en ligne. Entre les bugs du système (en tant qu’ingénieur, j’ai une tolérance zéro pour les bugs, dès lors que les moyens derrière sont importants), et les mauvaises manips de ma part (ne pas sauvegarder un numéro de dossier), je m’y reprends à trois fois pour remplir mon dossier. Sachant qu’il faut compter 45 minutes par dossier, qu’il m’en faudra remplir quatre, et que ma patience pour la paperasse est légendaire, je ne vous dis pas mon état.

Mais l’énervement a cédé à la panique quand j’ai vu que le premier rendez-vous disponible au consulat d’Aukland était trois mois plus tard, en Juillet, alors qu’on quitte la Nouvelle-Zélande fin Avril ! Je me prépare psychologiquement à recommencer mon dossier pour une autre destination (le dossier, bien qu’identique, doit être rempli par pays où l’on fait la demande), mais je découvre qu’on ne peut pas faire de visa au Chili, en Argentine ni au Pérou, nos trois prochaines destinations !

Panique à bord ! Notre billet tour du monde prévoit un passage aux USA. Si les dates peuvent être modifiées gratuitement, les étapes sont fixes. Ne pas aller aux USA nous coûterait cher !

Je trouve sur le site de l’ambassade américaine en France une procédure de demande d’urgence. Je l’adapte à la version néo-zélandaise et je me lance. 160$ US à payer par personne, je vais tester pour mon dossier avant de faire ceux d’Aurelie et des enfants. Grave erreur…

48 heures plus tard, ma demande est acceptée, et je prends rendez-vous pour le 26 avril, date à laquelle nous pouvons être à Aukland. Nous sommes alors au Sud de l’île du Sud, et la route est longue !

Je passe encore quelques heures à remplir les trois autres dossiers, mais un bug bloque l’ajout des photos. Message au support, c’est débloqué le lendemain. Mais là, je découvre mon erreur : il n’est pas possible de modifier mon dossier pour les ajouter à mon rendez-vous ! Téléphone au support, on me dit que le seul moyen consiste annuler mon rendez-vous, refaire une demande d’urgence, en ajoutant femme et enfants, et reprendre rendez-vous ! On est maintenant à 15 jours de notre départ de Nouvelle-Zélande !

Je préfère ne pas prendre le risque de tout perdre, et je fais une deuxième demande d’urgence. Et nous sommes dans l’une des nombreuses zones blanches du pays !

Deux, trois jours, quatre jours, pas de réponse à la demande urgente. Appel au support, Ah oui, c’est étonnant, je vais « escalader » la demande. Trois jours de zone blanche, appel au support : la demande de rendez-vous d’urgence a été refusée pour Aurélie et les garçons ! Seule solution proposée, contester par email la décision. 48 heures plus tard, réponse négative.

Impossible de joindre l’ambassade US : « toute question relative à des demandes de visa ne sera pas répondue ». J’écris au consul américain de Polynésie qui m’avait humainement et gentiment répondu. Il me dit qu’il ne peut nous aider qu’aux Fidji mais pas à Aukland. Depuis Papeete (plus le temps depuis la Nouvelle-Zélande), cela prendrait trois vols, 38 heures (aller !) et plus de 1000€ par personne pour !

L’ambassade de France à Wellington nous explique que chaque pays gère ses visas à sa guise, et qu’il n’est pas possible d’intervenir.

Seule espoir, réussir à ajouter Aurélie et les garçons à mon rendez-vous.

Le 26, première étape, la sécurité. Raté. Sans rendez-vous, ils ne peuvent pas entrer.

Deuxième étape, le premier entretien administratif. Raté. On me dit qu’ils doivent faire une demande de rendez-vous urgent. Mais une fois la demande refusée, on ne peut plus en faire une deuxième !

Troisième étape, l’entretien d’admission. On traite mon cas personnel d’abord, puis j’aborde celui d’Aurélie. On me prend leurs passeports (petit espoir), et on me demande d’attendre. 15 minutes plus tard, on me demande s’ils peuvent venir. Ça sent bon ! Comme les téléphones sont interdits, je descends les chercher au café du coin. On passe la sécurité et on fait à nouveau la queue. Premier entretien, ok. Deuxième, OK !

On attend quelques minutes, puis on nous annonce que nos visas sont accordés et qu’on aura nos passeports le lendemain, vendredi à 16 heures ! C’est gagné ! Je rappelle à mon interlocuteur que notre vol est dimanche, et que c’est donc parfait.

On fête la bonne nouvelle au resto, et le lendemain, on part pas trop loin pour arriver au créneau d’une heure autorisé pour récupérer nos passeports. Le rendez-vous n’est pas au consulat, mais dans une obscure petite société dans une bicoque de banlieue. Bizarre…

Et là, l’employée qui nous reçoit nous dit n’avoir reçu aucun passeport à distribuer ! Elle est certainement Chinoise, parle avec un très fort accent, et n’a aucune information. Nous la supplions d’appeler le consulat, fermé, sa boss, en week-end. Tout au plus apprenons-nous que notre dossier est étiqueté « urgent, pour lundi ».

On fait une demande urgente parce qu’on a un vol dimanche, et le consulat prévoit de nous rendre nos passeports lundi !

Déprimés, on demande à l’agence de déplacer notre vol pour Papeete. Il reste de la place mardi. On arrive à prolonger la location du camping-car. Et on cherche quoi faire pour les jours à venir.

On a vu ce qu’on voulait voir, je suis crevé par un mois à conduire à gauche un bahut de 7 mètres de long, et la météo des jours prochains est pourrie… Gros coup de mou lorsqu’on quitte Aukland (une heure de bouchons), de nuit, sous la pluie. Mes feux de croisement ne portent qu’à dix mètres, je dois deviner la route lorsque je croise une voiture. Ça demande un effort de concentration énorme pour mon cerveau fatigué.

Le repos prévu à Tahiti sera pour plus tard. On doit dormir dans un camping pas trop loin d’Aukland, donc cher, avec plein d’activités rendues inutiles par la météo, juste parce qu’on a besoin d’eau et d’électricité...

Finalement, on revient à Aukland le lundi, sans avoir aucune nouvelle de nos passeports. À 14h30, on reçoit un email nous disant qu’ils peuvent être récupérés ! On appelle la société qui les distribue, mais la fille nous dit que l’on ne peut les prendre qu’à 16h. C’est la procédure… On va donc se balader sur le mont Eden, un volcan sacré en plein centre ville…

Mais à 16h15, on les a ! Enfin !!!

Cette histoire de visa américain m’a bien pourri tout le mois passé en Nouvelle-Zélande. Quelques nuits courtes à estimer les différentes solutions si on n’avait pas les visas. Rester au Pérou ? Aller au Canada ? Côté boulot, je n’aurais pas pu passer une semaine à New-York, comme je l’avais prévu…

Et le coût ? Plusieurs centaines d’euros par personne, en plus des 500 € de frais pour la demande de visa, non remboursables évidemment…

Bref, tout cela était un peu stressant, car notre destin n’était pas dans nos mains, mais dans celles d’un système informatique défaillant, et dans la bonne volonté de gens formés à ne pas en avoir…

Au final, on n’a pas le sentiment d’être accueillis à bras ouverts aux Etats-Unis… On se sent comme des citoyens de seconde zone. Décevant…

Mais tout se termine bien ! Et entre les parcs de l’Ouest et New-York avec les garçons, ça devrait être top !!!

10 réflexions au sujet de « Les visas, la grande joie d’un tour du monde »

    1. A priori, on n’arrivera que fin Juin ou début Juillet 😟. Ça aurait été av plaisir ! Mais on te mettra à contribution pour nous indiquer les bons plans ! À bientôt !

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