Pourquoi vit-on où l’on vit ?

Je suis arrivé sur le marché du travail en 1995, l’année du pic du chômage en France, pire que pendant la période d’inversion de sa courbe.

À l’époque l’idée de partir à l’étranger ne m’avait pas beaucoup travaillé. Je n’avais pas tellement voyagé, ma tentative d’échange avec les US n’avait pas abouti (à l’époque c’était un parcours du combattant), et mon envie de faire de la recherche n’avait pas résisté à un an dans un labo pendant mon service militaire.

En plus, quand on sort du parcours math sup, math spé, grande école, on est encore coincé dans une mentalité de « il faut faire ce qu’il y a de mieux, donc de plus dur ». Saisir des opportunités revient à céder à la facilité de chercher un chemin plus facile.

Un de mes anciens managers, polytechnicien, avait décliné les ponts d’or de sociétés américaines en expliquant qu’il avait fait des études gratuites en France, et qu’il avait une dette envers le pays. Ça m’a marqué et je crois aussi qu’il faut donner l’exemple si on défend certaines valeurs, refuser de partir gagner des fortunes à l’étranger, pour revenir élever ses gamins au pays de la sécurité sociale et de l’école gratuite.

12% de chômage, c’est dur mais on va s’y attaquer quand même. Paris, c’est cher, mais on va faire ce qu’il faut pour ne pas dépasser le périf. Marcher sur la ligne de crête, sans jamais descendre dans la vallée. Comme le héros du Désert des Tartares, de Dino Buzzatti, qui resté accroché à son fort jusqu’à ce que, malade, il croise ses amis qui ont eu une vie de garnison, venus récolter la gloire qu’il a attendue pendant des décennies.

À vaincre sans périls on triomphe sans gloire… Réussir dans un pays au moral en berne, à la croissance nulle, c’est plus méritoire que se laisser porter par la frénésie de l’Asie, et grandir avec elle. Mais est-ce plus valorisant ?

Quand on voit l’évolution de la Chine entre nos deux derniers voyages (2002-2017), quand on voit le potentiel de l’Australie (venez ici les misanthropes qui voulez vous croire seuls au monde), on se dit que les jeunes n’auraient pas tord de tenter leur chance. Mais n’y a-t-il pas plus d’opportunités en France maintenant qu’en 1995 ? N’est-ce pas au contraire le moment de les saisir ?

Quand on voit la culture du sport en Australie, on se retrouve obligé de comparer nos vies. À Byron Bay, Mecque des surfeurs, près d’une voiture sur deux a un surf sur le toit, ou glissé à l’intérieur ! Un plombier se déplace avec son truck dont la plateforme est aménagée en caisses à outils sur les cotés, et avec un surf au milieu ! Les bus locaux traînent une remorque, pourquoi à votre avis ?

Partout, à Byron Bay, on court, on marche vite (après 60 ans) ; les corps sont musclés, bronzés ; la mer, spectacle toujours renouvelé, remplace la télé.

Quand on voyage, on se crée l’occasion de se poser les bonnes questions. De réfléchir à ses vraies valeurs. On voit les opportunités qui s’offrent dans le monde, et si on décide de ne pas les saisir, c’est sciemment, et non par ignorance.

On revient en France, c’est sûr ! Mais je crois que nos choix de vie seront à l’avenir plus conscients, plus éclairés, plus assumés. Ce seul bénéfice devrait vous encourager à partir découvrir les beautés du monde !

14 réflexions au sujet de « Pourquoi vit-on où l’on vit ? »

  1. magnifique photo, la 1ère, pas le poirier 😉

    Pour comparer il y a aussi la notion de durée, certains endroits sont top pour vacances (pardon, tour du monde 😉 et plus difficile pour 5 ans.

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  2. Ouf vous allez revenir en France. J etais febrile tout au long du post… j avais peur de la conclusion ! Mais non vous rentrez! Je ne sais pas si on vous manque mais vous vous nous manquez! 😚

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  3. Merci pour ces réflexions et ces belles images.
    Je me dis souvent que ce qui compte est avec QUI on vit, plus que le OÙ.
    Bien qu’il y ait une interdépendance…

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    1. C’est vrai ! De ce point là aussi je suis super sédentaire, 24 ans avec Aurélie ! Pour continuer l’analogie entre amour et voyage, je me demande à quoi correspondrait un an autour du monde! 😜

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  4. Bravo pour ce périple. Nous te suivons la ou tu vas… très bonne idée de parcourir le monde avec ta famille. Très amicalement de la part de toute la famille Simon qui suit tes découvertes dans le vaste monde. Madame Nicole SImon

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