Le regard abasourdi d’un entrepreneur sur l’association Pour Un Sourire d’Enfant

C’est une institution à Phnom Penh, Pour un Sourire d’Enfant (PSE) a sorti 10 000 enfants de la pauvreté extrême.

Le film Les Pépites lui a conféré une certaine notoriété en France mais nous ne l’avions pas vu. Ce fut donc un réveillon mémorable, à base de panini d’aéroport et de bière, pendant lequel nous avons regardé le film dans la guesthouse de l’école.

Et les garçons étaient épatés de croiser les enfants du film, comme la jolie Carona que l’on voit danser.

Ok, j’avoue, j’ai pleuré en regardant le film. Mais je ne vais pas m’étendre sur la situation de ces enfants, ni sur leurs rapports aux odeurs lors de l’atelier olfactif qu’Aurelie leur a donné.

Quand je n’étais pas en train de discuter avec un animateur, une petite fille me tenant la main, je regardais autour de moi, ébahi.

En vingt ans, PSE est passé d’une paillote à côté de la décharge de Phnom Penh, à 42 hectares de bâtiments (sans compter les trois autres sites !).

600 personnes travaillent aujourd’hui pour l’association, qui éduque 6000 enfants ! Des internats, des crèches, 32 assistantes sociales, des écoles du CP à la terminale, des formations professionnelles variées (hôtellerie, mécanique, coiffure, commerce….), 5000 repas par jour, et 6 tonnes de riz par semaine distribuées aux familles pour compenser le manque à gagner de mettre leur enfant à l’école plutôt qu’à travailler sur une décharge.

Dans le secteur marchand, une telle croissance représente un défi sur lequel de nombreux entrepreneurs se sont cassé les dents ! Et une association n’est pas une entreprise, dont les revenus peuvent parfois être récurrents sur plusieurs années. Avec plus de 6 millions d’Euros de frais de fonctionnement annuels, ce ne sont pas les revenus qui sont certains, mais les charges sur 10 ou 15 ans, parce qu’il est inimaginable de ne pas suivre ces enfants jusqu’à la fin de leur scolarité.

C’est donc d’un point de vue entreprenarial non seulement une réussite incroyable, mais aussi un développement prudent pour préparer l’avenir.

Quel sens du marketing aussi ! Pour un Sourire d’Enfant, le plus beau nom qu’on puisse trouver. Lorsqu’on se promène pendant trois jours dans les terrains de sport, les classes, le réfectoire, les internats, on ne croise que des enfants souriants, qui disent bonjour ou hello, vous prennent la main où vous enlacent pour un câlin. Le nom de l’association prend alors tout son sens !

La bouille de Rattana vaut toutes les explications :

Les fondateurs, appelés ici Papy et Mamy, ne sont pas seulement des êtres dotés de qualités humaines exceptionnelles. Papy, qui est parti en 2016, devait aussi avoir des qualités d’entrepreneur et de gestionnaire incroyables. Et une persévérance à toute épreuve. On nous a raconté qu’il a cherché pendant trois jours une élève enlevée par un réseau de prostitution. Il l’a arrachée in extremis à la frontière Thaïlandaise, malgré l’opposition des douaniers corrompus.

Ne jamais lâcher, n’est-ce pas la marque d’un entrepreneur ?

J’ai aussi intimement compris cette histoire d’étoiles de mer en étant sur place. La misère du monde est infinie, mais commencer par une paillote et un peu de riz suffit à changer une vie, puis deux, puis mille, et maintenant 10 000.

De même, un entrepreneur qui vise directement l’introduction en bourse a toutes les chances d’échouer. Mais s’il s’attèle à résoudre un problème, à une petite échelle, mais à bien le faire, alors il pourra atteindre des sommets, ou faire des miracles, comme PSE.

PS : merci à Damien de m’avoir fait découvrir PSE !

3 réflexions au sujet de « Le regard abasourdi d’un entrepreneur sur l’association Pour Un Sourire d’Enfant »

  1. Bonjour à tous les 4,
    Ravie de vous lire, cela nous donne des ailes..
    Nous partons 2 semaines en février prochain visiter le Cambodge.
    C’est mon collègue Fabien qui m’a transmis le lien vers votre blog. Very good idea 🙂
    Je suis bénévole PSE depuis 15 ans … et nous n’avions pas encore été sur place.
    Nous voyagions de loin et avions bien entendu conscience d’agir pour une bonne cause.
    Cet été nous avons accueilli Sopheak à la maison pendant son stage de 3 mois chez Danone. Sopheak a été pris en charge par PSE vers 2000 … et aujord’hui après un MASTER 2 en droit de la propriété intellectuelle, il a intégré l’ISME à Nantes et recherche un stage en alternance. Sa formation est prise en charge par l’école mais il lui faut trouver une entreprise pour développer son expérience. Ceci est une petite aide que j’essaie de lui apporter, si un de vos lecteurs a un stage à proposer 🙂 Sopheak se voyait difficilement revenir au pays avec un profil de juriste pur, d’où ce complement de formation.
    Et bien entendu, il nous a décrit son Cambodge.

    Nous sommes loin d’être des baroudeurs. Votre témoignage nous aidera certainement.
    La réalité du Monde fera de vos garcons des personnes vraiment éclairées.
    Et sachez que « Papy et Mamy » avaient commencé par un voyage jusqu’à Kathmandou dans leur camping car « Nimbus »… avec leurs 4 enfants. Cf. le livre « 4 enfants et un rêve » de Christian et Marie-France Despallières.
    Peut-être une vocation pour l’Avenir 🙂 Aujourd’hui, meme si Papy n’est plus, ils ont approximativement 10 000 petits enfants !
    Donc @suivre

    Encore un grand merci.
    Bien cordialement,
    Christine Alice et Thierry Béal

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