Découverte ou stabilité, un équilibre à trouver

Le même scénario se répète presqu’à chaque fois : c’est au moment de quitter un logement qu’on commence à bien s’y sentir.

L’exemple le plus extrême fut Fujiyoshida. Ok, les éléments ont joué un rôle important dans cette expérience (on s’est tapé le typhon 22, une semaine après le typhon 21 à Tokyo), mais la conclusion reste la même.

On a quitté l’appartement de Tokyo où on avait déjà nos habitudes pour aller dans un AirBnB près du Mont Fuji. La location de voiture nous a tout de suite mis dans le bain. Ok, la conduite est à gauche, on le savait. Mais qu’il faille une heure pour payer avec notre carte (les loueurs ne savaient pas utiliser une carte à code), et partir avec un GPS en Japonais, ce n’était pas prévu.  Heureusement le loueur nous a indiqué un truc pratique : vous cherchez une destination avec son numéro de téléphone fixe !

Pour notre AirBnB, pas de téléphone, juste une adresse à la japonaise : un numéro qui indique un quartier mais où peuvent se trouver plusieurs maisons. Dès qu’on quitte Tokyo, typhon 22 arrive. On suit le GPS qui nous mène dans un terrain vague à l’arrière d’une maison. J’entre dans le jardin et une mamie arrive. Mes balbutiements en Japonais me permettent de comprendre qu’on est au bon endroit. On se faufile de l’autre côté de la maison et la dame nous ouvre une chambre, jolie mais froide. Elle allume un réchaud à pétrole et nous dit d’attendre.

Dehors Typhon 22 commence à se déverser et le soir s’approche (en cette saison, le soleil se couche vers 4h30). Un homme vient et nous explique avec un anglais un peu meilleur que mon Japonais que c’est une erreur, que la chambre n’aurait pas dû être louée et que la propriétaire va arriver d’ici une à deux heures. La salle de bain collective n’est pas chauffée. Super ! On a payé deux nuits, on est coincés. Et vue la météo on choisit de rester dans les vapeurs du poêle. Pas de connexion internet pour s’occuper ou préparer la suite du voyage (la saga des visas chinois commençait alors).

Trois heures plus tard, la proprio arrive, s’excuse, nous donne un code wifi qu’on ne capte que dans une autre pièce, et encore par intermittences. La proprio a bien un relai wifi, mais elle n’ose pas entrer dans la chambre de sa fille pour le brancher !

Mais elle nous ouvre les portes de trois autres chambres : on a tout pour nous !

Dehors les trombes de 22 nous obligent à prendre la voiture pour faire les 500 mètres qui nous séparent d’un resto de soba (une soupe, exactement ce qu’il nous faut pour nous réchauffer !). Et encore, pour les dix mètres entre la voiture et la porte, nos parapluies sont indispensables. Imaginez une grosse averse d’orage français mais au lieu de durer quinze minutes, ça dure 36 heures.

Toute la nuit, les seaux d’eau se déversent. Au matin on improvise une journée typhon : bien qu’on soit dimanche on va faire cours aux enfants le matin, et l’après midi, quitte à être mouillés, autant que ce soit par de l’eau à 40 degrés ! Direction la source chaude locale et ses Onsens, les bains publics.


J’explique aux enfants qu’ils devront se laver nus devant plein de monde, ils appréhendent… Aurélie se fait masser (hommes et femmes sont séparés évidemment et on n’a que des garçons) pour ne pas s’ennuyer. Pendant deux heures on teste tous les bains (pour dormir, massants, au vanadium, à 42 degrés, froids…).

22 crache ses dernières bourrasques pendant qu’on arrache quelques bribes d’Internet dans une pièce sans chauffage.

On est au pied du Fuji, et on ne l’a toujours pas vu ! On ne sait même pas dans quelle direction il est censé être !

On part le lendemain pour la montagne, on espère voir le volcan sacré autrement que depuis la tour Roppongi à Tokyo !


Entre temps, on a appris que notre rue était en fait un chemin de pèlerinage pour le Fuji, parsemé de temples et d’auberges. Et que la nôtre accueille des pèlerins depuis 400 ans !

On a repéré un restau traditionnel où l’on parvient à arriver à pied car 22 commence à s’essouffler. Dans le restaurant, on découvre que les brochettes peuvent être un mets raffiné. Même la carte est caligraphiée ! Et l’équipe jeune, très sympa.


En sortant, on découvre un ciel étoilé que seuls les lendemains de typhon peuvent offrir !

Je me lève à 7h, je sors et je découvre ça :


Fuji-san, Monsieur Fuji, le volcan parfait, comme ceux que dessinent les enfants !

Et le jardin de notre auberge est devenu en une nuit un magnifique jardin Japonais avec ses arbres taillés et ses  incroyables feuilles d’automne !


Et c’est maintenant qu’on doit partir ????

L’équilibre entre l’envie de découvrir et le besoin de stabilité est précaire. Il faut sans cesse le remettre en question, et partir quand-même : on fait un tour du monde oui ou non ?

Mais rassurez-vous, ce qui nous attend pour cette journée au pied du Fuji vaut largement le prix payé pendant ces deux jours… On a passé les jours suivants à se dire qu’on avait une chance folle de voir ça…

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