Une journée ordinaire entre Mysore et Munnar

Ou comment je me retrouve à nettoyer nos sacs à dos à cause de mon chargeur de drone. Vous allez voir c’est compliqué !

Dans un précédent épisode, mon chargeur de drone a grillé. Et pour l’instant impossible d’en trouver un en Inde… J’économise donc mes deux batteries qui étaient chargées.

Or ces batteries avaient une fonction bien utile. Grâce à un petit bitonio, la batterie se transforme en chargeur de téléphone ! Et vue la puissance de la batterie, on peut charger au moins huit téléphones…

Sans batterie, on est prudents. Pour une nuit de voyage, on doit éviter de consommer pour ne pas avoir à utiliser les batteries pour recharger. On a donc décidé d’éteindre le téléphone qui nous sert pour partager la connexion 3G et pour les appels locaux, grâce à sa SIM locale.


Dimanche, on avait des places à quelques mètres du Premier Ministre indien pour la grande parade de Mysore, avec environ 100 000 indiens (j’ai vite arrêté de compter) dans le jardin du palais. Ça se termine vers 17h, donc on a le temps de rentrer (notre hôtel est à 500 mètres du palais), prendre nos bagages, et aller à pieds à la gare routière prendre un bus à 18h50. En théorie tout va bien.

On a promis aux enfants qu’ils verraient le Maharadjah, mais celui-ci ne vient bénir la statue d’une déesse locale qu’à la fin de l’interminable parade. Dès qu’il a fait coucou on part. Il est 17h15.

On ne peut pas aller directement vers l’hôtel car la sortie la plus proche est bloquée par le défilé. On doit donc partir à l’opposé et faire le tour. Le tour dans le sens horaire est légèrement plus rapide (5 min gagnées). Pour avoir une chance de prendre une dernière douche avant la nuit en bus, je choisis le sens horaire, mais manque de bol, le défilé sort du palais et nous empêche de passer ! Au lieu de 500 mètres c’est 3 km qu’il faut maintenant faire (le tour du palais dans l’autre sens) ! Il est 17h30.

Et la foule sort, il y a du monde partout ! Un rickshaw nous fait gagner 2 km (en se faisant plaisir sur le prix). Il est 17h45. Mais on termine le dernier km à pieds car il y a trop de monde partout.

Arrivés à l’hôtel à 18h, trop tard pour la douche mais on a le temps d’acheter des chips. On part tranquillement à la gare. Arrivés sur place, à 18h30 comme prévu, un type me saute dessus. Je reconnais l’employé qui m’a vendu les billets de bus. Je lui dis bonjour, comment ça va ? Trop content d’avoir quelqu’un pour m’indiquer le quai de mon bus dans ce bordel bruyant.

Il me dit « votre téléphone est débranché ! Je vous ai appelé toute la journée ! Votre bus ne peut pas entrer dans la ville à cause du festival, il faut le prendre à un autre endroit à 4 km! »

On saute dans un rickshaw, à l’indienne. Là où on doit prendre Séverin sur les genoux habituellement, on arrive à monter à quatre plus nos six sacs à dos ! Et ça entre ! « Il y a toujours de la place » !

Google maps m’indique 23 minutes de trajet, et le bus part dans 13 minutes. Gloups ! L’employé du bus m’a envoyé un numéro que j’appelle. L’homme au téléphone me dit de lui passer le conducteur du rickshaw. Ils se parlent et le rickshaw nous lâche en face d’un bus blanc en nous disant « c’est là ! ». Mais le bus est de l’autre côté d’un terre-plein sépare une deux fois deux voies qu’on doit traverser avec les enfants et nos sacs. Il fait nuit mais heureusement il n’y a pas trop de trafic. Arrivés au bus, le chauffeur nous dit qu’il ne va pas à Munnar ! Il est 19h.

Mon téléphone sonne. Je ne comprends rien à ce que me dit le type, mais j’entends une sirène dans le téléphone et je vois une ambulance de l’autre côté du carrefour. Je comprends alors que je parle au chauffeur de notre bus ! On traverse le carrefour en courant avec nos sacs (heureusement ils respectent les feux à Mysore).

Et là, on voit une dizaine de personnes qui courent vers nous, prennent nos sacs et nous emmènent à un autre bus blanc. Ce sont les autres passagers qui nous attendaient et nous cherchaient !

On monte dans le bus, soulagés mais toujours speed. Nos sacs empêchent les gens de regagner leurs places, alors on les glisse sous nos sièges sans avoir le temps de mettre leurs housses. On trimbale ces housses (400 grammes chacune, c’est pas négligeable), et pour une fois qu’on a vraiment besoin de les mettre, on n’a pas le temps !

Finalement, on mange nos chips, les enfants mattent un dessin animé. Le bus fonce et la suspension nous fait voler de tous les côtés. Aurélie me dit qu’elle a trop peur, qu’elle n’arrivera jamais à dormir.

On donne un sac plastique aux enfants en leur conseillant de dormir. « On ne vomit pas quand on dort » demande Merri ? « Non mon chéri, dors vite ! ».

Et bien si, on peut vomir en dormant ! À minuit on entend derrière nous « Papa, Maman, Merri me vomit sur le bras ! ». Et là on voit Merri, assommé par le sommeil et la nausée, les yeux ouverts mais incapable de réagir, qui se vide sur lui ! Ça dégouline entre les sièges, sur les pieds de leur voisin de derrière !

Heureusement, le bus s’arrête dans une gare routière. On nettoie comme on peut, on change Merri, et on échange nos places avec les voisins qui ne veulent pas passer une nuit les pieds dans le papier journal que le chauffeur a posé par terre. On s’excuse encore platement, et le bus repart. Au premier virage, le type qui est maintenant à notre place reçoit un truc sur la tête. C’est la chemise de Merri que j’ai vaguement lavée dans la gare, et qu’on a posée sur mon sac au dessus pour ne rien salir !

Je pense qu’il ne faudra plus lui parler de la France à celui-là !

Finalement, les enfants se rendorment, je somnole, Aurélie répond à ses emails en retard jusqu’à s’effondrer à quatre heures du mat. La dernière heure, je profite du paysage incroyable au lever du soleil, me félicitant que les autres dorment. La route monte en lacets, les petits auraient encore vomi, et Aurélie aurait flippé…


À l’arrivée, on constate l’étendue des dégâts. Les sacs sont collants, dégueulasses.

Donc hier, séance de nettoyage de sacs, au savon, avec une eau qui ne rince pas.

Tout ça à cause d’un chargeur de drone !

7 réflexions au sujet de « Une journée ordinaire entre Mysore et Munnar »

  1. Superbe, on s’y croirait ! J’ai la nausée… 😉 En fait, je me rends compte que ce genre de journée m’épuiserait de stress. Vous êtes vraiment des bonnes natures… et vos enfants, mon dieu… J’espère que tu vas trouver un chargeur vite.

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  2. Quelle Aventure! Très heureux de vous avoir rencontrés à Madurai! Nous allons pouvoir vous suivre grâce à votre blog vraiment passionnant!
    Séverin j’espère avoir bientôt ton dessin du paon !
    Bonne continuation à tous 😃
    Thomas, Pierre et Frédérique
    Frédérique

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