Feu, purification et sacrifice

J’ai toujours eu le sang paradoxalement glacé à l’idée de mourir brûlé vif.

Jeanne d’Arc, les cathares à Montségur, Jan Palach ou plus récemment les victimes des incendies au Portugal (des témoins ont vu des gens sortir de leur voiture avec les cheveux en feu) ou dans la tour Grenfell à Londres, toutes ces pauvres âmes ont dû à un moment souhaiter que la mort vienne vite. Comme dans Le Monde du Fleuve, de Philipp Jose Farmer, où l’un des personnages conseille à ses compagnons de bûcher de respirer un maximum de fumée pour mourir asphyxiés avant que les flammes n’arrivent…

Bref, lorsqu’on nous explique le jauhar à Jaisalmer, je ressens assez fortement l’horreur que ça devait être. Et avec mon regard d’occidental, je me trompe complètement…

À Jaisalmer, on ne se rend jamais. Lorsque le siège s’éternise (l’un a duré 12 ans !?!), on se prépare au Jauhar. Les femmes vont prier au temple, puis se baignent, se maquillent, mettent leurs plus beaux habits et leurs plus beaux bijoux, pour retrouver leurs maris au ciel. Puis elles se jettent d’elles-mêmes dans un immense bûcher !

Lorsque leurs épouses et leurs filles sont parties en fumée, les hommes sortent du fort, sabre au clair, pour aller se faire massacrer dignement.


C’est arrivé deux fois et demie dans l’histoire de Jaisalmer. « Et demie », car la troisième fois, pressés par le temps, les hommes n’ont pu qu’égorger leurs femmes et leurs filles sans accomplir les rites sacrés. Les traditions se perdent ma bonne dame !

À Jodhpur, le roi Rao Jodha voulut construire un fort sur une colline occupée par un sadhu. Celui-ci jeta un sort sur le lieu dont il était expulsé. Pour conjurer le sort, un homme se porta volontaire pour être enterré vivant dans les fondations.

Toujours à Jodhpur, les femmes du Maharaja montaient avec leur mari sur le bûcher de sa crémation. La dernière fois que ce rite a été pratiqué ne remonte qu’à 1843. J’imagine donc que des anglais (avec donc les mêmes a priori occidentaux que moi) ont peut-être assisté à cette scène !

Cette notion de sacrifice ne doit certainement se comprendre que si l’on est intimement persuadé qu’on se réincarnera après la mort, et probablement dans un être meilleur car cette mort est belle et suit des préceptes religieux très stricts.

Mais personnellement, je préfère ne pas essayer de comprendre, rester dans ma position bornée d’occidental, et savourer le plaisir de me trouver sur une autre planète…

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