L’hospitalité iranienne

On nous avait prévenus : les iraniens vont vouloir vous inviter tout le temps et ne demanderont rien en échange.

Nous ne comptons plus le nombre d’invitations en effet.

Mais heureusement on nous a expliqué la notion de « taarof » (orthographe approximative). Les iraniens disent parfois des choses qu’ils ne pensent pas. Par exemple, vous inviter chez eux peut s’avérer n’être en fait qu’une formule de politesse. De même, refuser d’être payés pour un service rendu peut aussi être taarof.

On démèle alors le vrai du faux en insistant. Si votre interlocuteur reste sur sa position au bout de deux ou trois tentatives, c’est qu’il est sincère. S’il laisse tomber, c’était taarof.

La famille qui nous a prêté un appartement de 240 mètres carrés à Téhéran n’a jamais voulu rien accepter. Le père nous avait pourtant trimbalés à la recherche du galbanum, et sué sang et eau dans les montagnes. Notre invitation au restaurant s’est retournée contre nous : ils nous ont invités à dîner chez eux ! Tout au plus avons-nous réussi à faire un gâteau au chocolat (ok, la recette d’Aurélie vaut de l’or).

A Shiraz, Somayeh et son mari ont dormi dans la chambre de leur fille pour nous laisser la leur. Elle aussi a eu droit à son gâteau au chocolat. La seule contrepartie était de faire la route pour Persepolis et Yazd avec son père, au même prix que ce qu’on aurait payé avec un chauffeur officiel.

La palme revient au Maitre miniaturiste Fallahi.

Le lendemain de notre rencontre, alors que nous visitions les sublimes ponts d’Ispahan, un homme me demande si je suis français, comme ça nous arrive à peu près 150 fois par jour. Puis il me dit qu’on a oublié notre carte bleue dans un magasin. Comme les cartes bleues ne marchent pas en Iran, flairant l’arnaque, je l’envoie bouler.


Mais par acquis de conscience, je demande à Aurélie de vérifier si elle a toujours la carte avec laquelle elle a payé la miniature. S’en suit une course pour rattraper le type que j’avais éconduit si impoliment. Finalement c’est lui qui nous retrouve.

Il nous emmène dans la boutique de son patron, Amir, qui nous explique que Maître Fallahi a appelé tous ses amis qui travaillent dans des lieux touristiques. Il nous a décrits : français, la femme avec un voile vert, deux garçons avec un panama.

La boutique du Maître était encore ouverte. J’allais y courir quand Amir m’arrête. Il va envoyer un de ses employés en moto, et on aura la carte dans 5 minutes. En attendant, il nous emmène dans son show room où des centaines de tapis persans sont empilés.  Il nous offre un thé, et 5 minutes plus tard, le coursier revient avec la carte !


Pendant l’heure qu’on a passée avec Amir, pas une seule fois il a cherché à nous vendre un tapis ! On a parlé de ses affaires (avec moult chiffres pour nous impressionner), de ses voyages en France et dans le monde, de ses antiquités (avec leur prix :-)). Tout, mais pas de tapis, si ce n’est une démonstration d’un magnifique tapis en soie réversible.

L’hospitalité iranienne n’est donc pas un mythe. Elle est profonde, sincère et n’attend rien en retour. Encore une différence avec la France qu’on a bien expliquée aux enfants…

2 réflexions au sujet de « L’hospitalité iranienne »

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